La relation privilégiée entre une mère et sa fille, des valeurs et l’éducation se transmettent naturellement. Leurs vies sont toujours profondément liées, leur relation continue à évoluer tous les jours. Leurs rapports et leurs attentes vis-à-vis de l’ autre changent avec le temps…

Ce lien entre ces deux femmes peut être un objet, a priori quelconque, mais qui fait partie intégrante de leurs histoires et qui cristallise encore aujourd’ hui leurs souvenirs. Il a été demandé à chacune de choisir un objet symbolisant cette relation et de ne pas le dévoiler à l’autre. Lors de la séance photo, mères et filles ont été invitées à échanger ces objets.

Surprises. Rires. Souvenirs… Les images de ces instants reflètent de nombreuses émotions…

Julie et Bernadette

Julie

J’ai toujours trouvé ma maman très belle.

Quand j étais petite fille, sa trousse de beauté était pour moi un véritable coffre à trésors débordant de tubes de rouges à lèvres, de crèmes de toutes les couleurs et de toutes les senteurs, des soins pour toutes les parties du corps, de pinces à cheveux et de paillettes

Ses bouteilles de parfum et ses maquillages déposés sur la tablette en marbre de sa commode étaient très convoités par mes sœurs et par moi même. D’ailleurs, j’allais souvent me servir sans lui dire… Ces douces odeurs de mon enfance restent bien ancrées en moi. Je me souviens également de la petite parfumerie du village où elle m’emmenait en cachette et m’offrait des billes de bain multicolore, rondes ou en forme de cœur et d’animaux. Mes premiers produits de beauté rien que pour moi. Quel plaisir ! Aujourd’hui, j’ai 33 ans, et je pense avoir hérité de ce côté féminin de ma maman À mon tour d’entasser des tonnes de produits de beauté dans des jolies trousses. J’avoue ne pas savoir résister longtemps aux tentations tout comme elle encore aujourd’hui. On remplit nos armoires d’achats parfois/souvent compulsifs, mais que maintenant on peut partager. Cet aspect de la féminité me lie très fort à ma maman.

Les premiers cheveux blancs envahissent doucement ma tête, ma maman est là pour une coloration maison Cet instant à nous deux me ramène à mon enfance, au temps où je m’asseyais sur ses genoux et qu’elle coiffait mes longs cheveux noirs, pareils aux siens.

Merci maman de me chouchouter et de prendre soin de moi Ψ

 Bernadette

Je n’ai pas choisi un livre en particulier, mais plutôt le tas de livres que nous échangeons chaque mois. La lecture est une passion commune avec ma fille Julie. C’est pour moi un plaisir simple, mais véritable de pouvoir discuter sur un bouquin qu’on a aimé ou pas. C’est intéressant de connaître son point de vue et d’en parler simplement autour d’une tasse de café.

Ces livres sont source de savoir ; ils nous apprennent énormément Ils sont pour moi, et sans doute pour ma fille aussi, une manière de voyager, de se dépayser et de s’évader en pensées.

Prises de vue réalisées dans la salle-de-bain de Julie

Adeline et Annie

Annie

Un herbier acheté par une petite fille de sept ans pour y déposer la récolte végétale qu’elle avait mise à sécher.

Notre famille venait d’emménager dans une maison avec jardin où très vite elle se lança dans un élevage d’escargots.

Elle nous avait demandé pour changer d’école « une verte » disait-elle.

Elle aimait et aime toujours la nature. Elle nous défendait d’écraser les araignées et les transportait dehors.

Ses collections de fossiles (traces végétales et animales), ses mini-cactus (dont un est devenu énorme) traînent toujours dans notre maison. L’herbier, c’est tous ces petits souvenirs qu’il m’évoque.

Adeline

Ce petit poivrier appartenait à ma grand-mère maternelle. Ma mère me l’a donné lorsque je suis partie vivre en kot.

Ce poivrier est un peu comme un bijoux de famille que l’on se transmet de génération en génération, j’y vois une notion d’héritage et de partage qu’on se partage en famille ou entre amis.

Il fait partie de mon enfance et des repas que nous préparions ensemble, de la table qui s’allongeait régulièrement de quelques couverts supplémentaires.

Prises de vue réalisées dans la salle-à-manger d’Annie

Valérie et Nina

Le repas, chez nous, a toujours été un moment de partage, d’échange. La table un lieu de débat, de confidence, de rires, de mises au point. La maison ouverte à la famille, aux amis qui passent.
On se retrouve à 4, 6,10… Un repas s’improvise. Douce agitation dans la cuisine…
Le frigo se vide, les casseroles se remplissent. Les langues se délient, les conversations s’animent, les effluves de cuisson parfument la maison.

Les générations se mélangent, on va, on vient, on file un coup de main. Des moments qu’on veut reproduire chez soi.

Des recettes qu’on a envie de perpétuer, des saveurs qu’on a envie de retrouver, de faire découvrir à ses enfants. Parfois, on partage le contenu d’une casserole.

Plus qu’un repas, on emporte alors une portion d’amour, d’attention, de partage, de générosité…

Et parfois même un souvenir d’enfance…

Prises de vues réalisées dans la cuisine de Valérie

Mimie et Évelyne

Mimie

Cette statuette appartenait à ma maman Elle a eu sa place depuis toujours sur la cheminée. Mon papa c’était li mar’ha*.

Je donne ce symbole à Linette qui habite la maison du forgeron**

Évelyne

Un livre à partager avec maman… Comme le premier livre lu à 7 ans avec elle… Et tous les échanges de vues sur nos lectures communes, où maman a toujours son avis critique et judicieux.

Et puis, avec un papa journaliste et ma fille auteur de pièces de théâtre, l’écriture est une affaire de famille.

* Le maréchal-ferrant en wallon.
** Linette (surnom d’Évelyne) et sa maman ont échangé leur maison il y a quelques années… ce qui fait qu’aujourd’hui Évelyne habite dans la maison d’enfance de sa maman.

Prises de vue réalisées dans le salon de Mimie 

Julie et Dominique

Julie

Panier au fond du couloir. Panier dans le noir. Panier magique
Panier qui pique. Panier tout rond. Panier tout bon.

Panier plein, voire complètement bourré.
Panier rempli de dessins.

Panier artiste. Panier tout triste.

Panier charmant. C’était un peu tout ça ma maman…

Oh ma petite maman, si je pouvais te serrer encore une fois dans mes bras. Et si je pouvais te ramener avec moi.

Tout simplement je t’aime Maman.

Prises de vue réalisées dans le salon de Julie et au cimetière de Robermont à Liège.

Exposition

L’objet de leur affection

Cette série est une commande du centre culturel de Huy et du Pac Huy-Waremme dans le cadre de la journée internationale de la Femme.

Vernissage

Making-off